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explication simplifiée 

de la messe

suivie d’un lexique illustré

www.dici.org

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D’où vient la messe traditionnelle?

L’essentiel de cette messe nous vient des apôtres, donc du I

er

siècle. Contrai-

rement à ce que l’on pourrait penser, la messe traditionnelle, dite de St-Pie V, 

n’est pas de saint Pie V (1566-1572). Ce pape, dans le prolongement du concile 

de Trente, n’a fait que codifier ce qui existait bien avant lui. Ainsi, l’ensemble du 

canon tel que nous le connaissons remonte au moins au V

e

siècle. Quant au reste 

de l’ordinaire de la messe, bien des éléments existent ainsi dans la forme sanc-

tionnée par saint Pie V dès le pontificat de saint Grégoire (590-604) ; l’essentiel 

des prières de l’offertoire sera ajouté entre le IX

e

 et le XIe siècle. Enfin, le rite 

de l’élévation se répandit de façon commune après les attaques de Bérenger de 

Tours (998-1088) contre la présence réelle.

Plan de la messe

:

Messe des catéchumènes

Les prières au bas de l’autel

L’introït : ou chant d’entrée

Kyrie

Gloria, récité à toutes les fêtes des saints

L’oraison, qui est aussi utilisée pour la récitation de l’office divin.

Lecture de l’épître

Graduel, Alléluia ou Trait, séquence pour certaines fêtes.

Lecture de l’évangile

Prédication à certaines messes

Credo récité à certaines messes

Messe des fidèles

Offertoire

Préface

Canon de la Messe qui enchâsse la consécration

Pater

Communion

Ablutions

Postcommunion

Bénédiction

Dernier évangile (Prologue de Saint Jean)

I – Les prières préparatoires

Debout au bas de l’autel, le célébrant se reconnaît 

indigne d’y monter car il connaît la grandeur des mys-

tères sacrés et les dispositions qu’ils exigent. Aussi il 

est partagé entre la crainte, le désir et la confiance : 

sentiments exprimés dans le psaume Judica me, qu’il 

2

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récite en alternance avec les servants ou les ministres. Le titre du psaume 42 

(Judica me) est: « Prière pour obtenir justice et être reçu auprès de Dieu. » On ne 

récite pas le psaume Judica me aux messes des morts, ni au temps de la Passion, à 

cause du verset « Pourquoi es-tu triste, ô mon âme, pourquoi es-tu dans le trou-

ble? », puisqu’il faut être dans la tristesse en ces circonstances de deuil.

Le prêtre, plein d’une humble confiance, s’incline 

et confesse ses péchés pour en obtenir le pardon, en 

récitant le Confiteor. Cette prière comprend deux par-

ties qui correspondent aux deux fins du sacrement de 

pénitence:  demander  pardon  pour  ses  péchés  et  de-

mander les grâces nécessaires pour mieux résister aux 

tentations. Les fidèles, ou les servants en leur nom, ré-

citent aussi le Confiteor ; ainsi contrits de leurs fautes, 

ils pourront mieux participer aux effets propitiatoires 

du sacrifice. Les deux prières qui suivent le Confiteor

sont de simples demandes, elles ne sont pas une absolution sacramentelle.

Le prêtre monte à l’autel en récitant à voix basse une prière où il demande 

encore la purification de ses péchés.

Il baise l’autel en invoquant les saints dont les reliques sont dans l’autel (ou 

dans la pierre d’autel pour les autels non-consacrés).

II – Le chant d’entrée (Introït)

Aux messes chantées, le chant d’entrée est exécuté par la schola pendant 

que le prêtre et les servants récitent les prières au bas de l’autel. Avant de lire le 

chant d’entrée, le célébrant encense l’autel.

L’introït se compose d’une antienne, d’un verset de psaume, du Gloria Patri

et de la répétition de l’antienne. Avant le XIe ou XIIe siècle quand les prières 

au bas de l’autel furent introduites, l’introït était chanté pendant que le prêtre 

allait de la sacristie à l’autel.

III – Le Kyrie

Après l’introït, le prêtre dialogue le Kyrie avec les fidèles ou les servants. Le 

Kyrie est la seule pièce de la messe conservée en grec. Ainsi dans la messe se 

retrouvent les trois langues qui sur la croix annoncèrent la royauté du Christ:

le latin, le grec pour le Kyrie, et l’hébreu dans les mots amen, alleluia, sabaoth et 

hosanna.

Le Kyrie exprime le besoin que nous avons d’être rachetés. Chaque groupe 

ternaire du Kyrie est adressé à l’une des trois personnes de la Trinité. Il est dit 

Christe et non Kyrie, pour la seconde personne afin de bien souligner le lien en-

tre le Fils et l’Incarnation.

Manuterge

 : petit essuie-mains, ordinairement plissé. Il est présenté par le ser-

vant de messe au lavabo.

Manipule

: bande d’étoffe que le prêtre porte sur son bras 

gauche. Le manipule passé au bras signifie les travaux de l’apos�

tolat

Nappes d’autel

: Ce sont de longues bandes de toile, de lin ou de chanvre.

L’autel, pendant la messe, doit être recouvert de trois nappes posées l’une sur 

l’autre.

Pale

: petit linge en lin carré et doublé, maintenu rigide par un

carton à l’intérieur. Il sert à couvrir le calice.

Patène

vase consacré en or ou en argent doré en forme de

petit plat, sur laquelle le prêtre dépose la sainte Hostie.

Purificatoire

: linge en lin plié en trois dans un sens, avec

lequel le prêtre essuie le calice, ses lèvres, ses doigts.

Voile

 : morceau d’étoffe carré, avec une croix brodée, 

sert à couvrir le calice.

14

3

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IV – Le Gloria

Ce chant symbolise tout l’idéal poursuivi par l’Eglise: la gloire de Dieu et la 

paix par le Christ et son Evangile. Il est omis aux messes votives, excepté celle 

de la sainte Vierge le samedi et celle des anges. Il n’est pas récité non plus au 

temps de pénitence et de tristesse, « parce qu’on n’ose chanter la gloire du Ciel 

lorsqu’on pleure sa propre misère ou celle des âmes du purgatoire » (St Thomas 

d’Aquin).

Le Gloria comprend deux parties:

Une action de grâce, adressée au Père par Jésus Christ dans les œuvres de la 

création et de la Rédemption;

Une supplication adressée au Fils, qui réalise, nous applique et parfait l’œu-

vre de la Rédemption. La clause concernant le Saint-Esprit a été insérée plus 

tardivement.

Le Gloria exprime les quatre fins de la messe :

• Adorer: « Nous vous louons, nous vous bénissons, nous vous adorons, nous 

vous glorifions. »

• Remercier: « Nous vous rendons grâces à cause de votre immense gloire. »

• Obtenir le pardon : « Vous qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de 

nous. »

• Obtenir des grâces : « Vous qui effacez les péchés du monde, recevez notre 

prière. »

V – La collecte ou oraison

Le  mot  oraison  vient  du  latin  orare  « prier »,  et  collecte,  du  latin  colligere,

« recueillir ».  Ce  dernier  nom  est  donné  parce  que  la  prière  est  faite  pour  le 

peuple rassemblé et en sa présence, et parce que le prêtre y réunit les vœux et 

sentiments des fidèles, enfin parce qu’elle résume l’esprit et le fruit du mystère 

ou de la fête. Le texte des collectes des dimanches est souvent très ancien, et re-

monte aux traditions vénérables des prières récitées dans les catacombes par les 

premiers chrétiens. S’appuyant sur la théologie, ces oraisons très courtes nous 

font demander ce qu’il faut et comme il faut. Les oraisons de la messe ont une 

conclusion dans laquelle sont nommées les trois personnes de la sainte Trinité. 

Elles sont ordinairement adressées au Père par la médiation du Fils.

VI- Les lectures

Ici s’ouvre véritablement la messe des catéchumènes avec ses enseignements, 

ses chants et la récitation du Credo à la messe du dimanche et de certaines fê-

tes.

L’épître

Depuis le IXe siècle, la lecture de l’épître est réservée au sous-diacre (ou au 

célébrant), auparavant les clercs ayant reçu l’ordre mineur de lecteur, pouvaient 

L

exique

Amict

linge dont le célébrant se couvre la tête, puis qu’il fait 

glisser sur les épaules et fixe à la ceinture avec deux longs cor�

dons. L’amict, couvrant les épaules signifie la force contre le dé�

mon.

Aube

longue robe blanche qui descend jusqu’aux pieds. L’aube

blanche signifie la pureté

Bourse

: enveloppe rigide ouverte d’un côté et qui contient le 

linge sacré appelé corporal.

Calice

: vase consacré en or ou en argent doré le prêtre y verse le vin qui devient 

à la consécration le Sang de N. S.

Chasuble

:  vêtement  très  ample  et  arrondi  qui  tombe  de�

vant et derrière, et sur lequel est brodée une grande croix. Le 

prêtre montant à l’autel ainsi revêtu apparaît comme N. S. 

montant au Calvaire avec sa croix.

Cordon

:  porte  un  gland  à  chaque  extrémité  et  sert  à  fixer 

l’aube à la ceinture. Le cordon fixé à la ceinture rappelle les liens 

qui attachèrent N. S. et signifie la chasteté

Corporal

: linge fin en lin reconnaissable à la façon dont il est plié (en trois dans 

les deux sens). Le prêtre l’étend au milieu de l’autel, et y pose le calice et la sainte 

Hostie, c’est-à-dire le Corps de N. S., d’où son nom de corporal.

Etole

: bande d’étoffe ressemblant au manipule, mais beau�

coup plus longue, que le prêtre croise sur sa poitrine.L’étole

et la chasuble passées autour du cou signifient le joug du Sei�

gneur, la fidélité à l’Église.

4

13

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lire l’épître. L’épître est choisie en harmonie avec le sujet de la fête dans le Nou-

veau ou l’Ancien Testament, ou en fonction d’une lecture à peu près continue 

de l’Ecriture Sainte. Ainsi les épîtres de St Jacques et de St Pierre sont lues du 

1

er

 dimanche après Pâques jusqu’au 5

e

 dimanche après la Pentecôte. Du 6

e

 au 

24

e

 dimanche, la lecture des épîtres de St Paul se fait selon l’ordre de la Vulgate. 

Notons la prédilection de l’Eglise pour la doctrine de St Paul, on compte 106 

épîtres différentes de l’apôtre des nations, dont certaines reviennent plusieurs 

fois, mais seulement 12 lectures différentes de St Pierre, et 135 lectures différen-

tes tirées de l’Ancien Testament.

Le graduel

, ainsi appelé parce qu’il se chantait sur les degrés, gradus, de 

l’ambon; et aussi parce qu’il est revêtu d’une mélodie soignée, gradalis.

Le graduel est quelquefois seul, mais le plus souvent il est suivi du trait ou 

de l’alleluia. Il tient le milieu entre le trait, symbole de tristesse, et le joyeux al�

leluia; il représente le pèlerinage pénible des enfants de Dieu en marche vers la 

patrie. Il se compose d’une première partie appelée répons, et d’un verset.

Le trait

. Son nom indique la manière de chanter cette partie de la liturgie, 

tout d’un trait, sans intervention du chœur. Les auteurs du Moyen Âge voyaient 

dans le trait les accents tristes des Juifs captifs à Babylone. Cette captivité est 

représentée par l’Eglise, lorsque, à partir de la Septuagésime, elle suspend le 

cours des cantiques d’allégresse et dit le trait. Cette interprétation semble avoir 

prévalu, mais si le trait ne se dit qu’au temps de Carême, il n’a rien de lugubre, et 

la plupart des pièces sont débordantes de joie. Les formules musicales du trait 

restent peu développées et sont d’origine hébraïque.

L’alleluia

,  ce  mot  hébreu  signifie,  louez  le  Seigneur.  La  pièce  comprend 

d’abord le mot alleluia chanté deux fois avec une vocalise, puis un verset, et la 

répétition de l’alleluia avec sa vocalise. Le verset compris entre les deux derniers 

alleluia n’est souvent que la continuation des pensées contenues dans le graduel. 

Comme le trait, il est en rapport avec l’Evangile dont il précède immédiatement 

la lecture. Aux féries de l’Avent, et de la Septuagésime à Pâques l’alleluia est sup-

primé. Au temps pascal, le graduel est remplacé par un second alleluia.

La séquence

, d’après le latin sequentia, suite. On l’appelle aussi prose, prosa,

car c’est un texte vocalisé. Vers le IX

e

siècle, des maîtres de chant se mirent à 

composer des textes qu’ils appliquèrent à la mélodie sur laquelle était vocalisé le 

dernier a de l’alleluia. Au Moyen Âge, on a recensé près de cinq mille séquences, 

mais de valeur inégale. Saint Pie V n’en admit plus que quatre dans le missel 

romain, à cause de leur exceptionnelle beauté: à Pâques, à la Pentecôte, à la 

fête du Saint-Sacrement, à la messe des morts. On y ajouta plus tard la séquence 

Stabat Mater pour la fête de Notre Dame des Sept Douleurs. Quelques autres 

séquences propres à certains ordres ou diocèses subsistent encore.

L’Evangile

, avant de lire l’Evangile le célébrant (ou le diacre) demande la 

grâce d’être rendu digne de l’annoncer. Cette prière se réfère à une vision d’Isaïe. 

prêtre demande que la présence réelle le délivre de la souillure du péché et que 

le sacrement pénètre intimement son âme.

Après les ablutions, le prêtre dit l’antienne de communion – qui est chantée 

par la schola aux messes chantées – puis la postcommunion, une prière qui ex�

prime avant tout l’action de grâces.

L’Ite, missa est, annonçait autrefois la fin de la messe. De nos jours, il est suivi 

par une prière à voix basse du célébrant à la sainte Trinité, puis de la bénédiction 

des fidèles et de la lecture du dernier évangile (le Prologue de l’évangile de Saint 

Jean).

12

5

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Un séraphin tenant un charbon ardent pris sur l’autel, 

lui en toucha la bouche et dit: « Vois, ceci a touché tes 

lèvres; ton iniquité est enlevée et ton péché expié. »

Avant  de  lire,  le  célébrant  fait  un  signe  de  croix 

d’abord  sur  le  livre  au  commencement  du  texte,  en-

suite sur le front, les lèvres et le cœur. Les assistants 

font sur eux-mêmes les trois derniers signes de croix. 

Le  premier  signe  sur  le  front  signifie  leur  intention 

de ne jamais rougir de la parole sainte; le second sur 

les lèvres, qu’ils sont prêts à la confesser partout; et 

le troisième sur le cœur, qu’ils veulent y attacher leur 

volonté et y conformer leur conduite.

Dès les temps les plus anciens, et certainement dès le Haut Moyen Âge, la 

lecture de l’Evangile est réservée exclusivement au diacre, et au prêtre. Lors 

de l’ordination au diaconat, a lieu la tradition du livre des Evangiles: l’évêque 

prend le livre, l’ordinand le touche de la main droite pendant que l’évêque dit:

« Recevez le pouvoir de lire l’Evangile dans l’Eglise de Dieu, pour les vivants et 

pour les morts, au nom du Seigneur. Ainsi-soit-il. »

La prédication

Notre-Seigneur a confié à son Eglise le dépôt de la foi, pour que, avec l’assis-

tance continuelle de l’Esprit-Saint, elle garde saintement et expose fidèlement 

la doctrine révélée. Cette mission de prêcher la foi catholique a été confiée au 

souverain pontife pour toute l’Eglise, et aux évêques pour leurs diocèses. Les 

évêques sont obligés de prêcher personnellement l’Evangile, et doivent se faire 

aider par les prêtres et les diacres.

La prédication fait partie du culte; elle a essentiellement pour but de com-

menter les textes de la messe, non seulement pour les expliquer mais pour les 

adapter à la vie concrète des auditeurs. Les fidèles doivent être nourris subs-

tantiellement. Il est à noter que la prédication appartient aux trois ordres qui 

seuls peuvent donner la sainte communion, nourriture des âmes, à savoir aux 

évêques, aux prêtres et aux diacres.

La prédication terminait la première partie du sacrifice ou messe des ca-

téchumènes. On renvoyait alors ceux qui ne devaient pas assister à la seconde 

partie ou messe proprement dite : les infidèles, les pénitents publics, et les ca-

téchumènes.

Le Credo

Après la prédication ou après l’Evangile s’il n’y a pas de sermon, on intercale 

à  certains  jours  le  chant  (ou  la  récitation  du  Credo).  Certains  le  considèrent 

comme la fin de la messe des catéchumènes, d’autres comme le prélude à la 

messe des fidèles.

Le Credo récité à la messe fut élaboré au concile de Nicée (325) et développé 

nion ont été introduites dans la liturgie officielle vers 

le XI

e

 siècle.

La communion des fidèles

Pendant  que  le  célébrant  se  signe  avec  le  calice 

avant la communion au précieux sang, le servant et les 

fidèles récitent le  Confiteor. A la messe solennelle, le 

diacre seul chante le Confiteor. Après le Misereatur et 

l’Indulgentiam, le prêtre présente une hostie qu’il tient 

au-dessus du ciboire et dit : « Voici l’Agneau de Dieu : 

voici celui qui porte les péchés du monde. » Les fidèles 

disent trois fois avec le prêtre le Domine, non sum dignus. Puis ceux qui commu�

nient s’avancent au banc de communion.

Dispositions pour communier

:

Etre baptisé dans l’Eglise catholique.

Etre en état de grâce, c’est-à-dire ne pas être conscient d’avoir commis un 

péché mortel qui n’aurait pas été confessé. N.B. L’Eglise oblige sous peine de 

péché grave à se confesser au moins une fois l’an et à recevoir la communion au 

moins une fois l’an vers le temps de Pâques (faire ses Pâques).

Etre  à  jeun  depuis  une  heure  au  minimum  (préférablement  trois  heures) 

avant la communion.

Il est permis de prendre une boisson une heure avant la communion, l’eau ne 

rompt pas le jeûne eucharistique.

Les fidèles reçoivent la communion à genoux et sur la langue. Cet usage fut 

adopté très rapidement dans l’Eglise sous l’influence d’un respect croissant et 

bien fondé envers le corps du Seigneur, et a perduré sans interruption ni remise 

en cause dans toutes les Eglises d’origine apostolique. Il serait donc inconceva�

ble et contraire à toute la Tradition liturgique chrétienne de revenir à la commu�

nion dans la main sous prétexte d’antiquité.

IX – L’action de grâce

Après avoir communié au précieux sang, ou après 

avoir distribué la communion aux fidèles, le prêtre in�

cline le calice sur le corporal et le servant y verse un 

peu de vin. Le prêtre récite une prière dans laquelle il 

demande que notre communion sacramentelle soit en 

même temps spirituelle, c’est-à-dire féconde en grâces 

pour le présent, et qu’elle soit un pas de plus vers le sa�

lut éternel. Il boit le vin. Ensuite il purifie au-dessus du 

calice avec du vin et de l’eau les doigts qui ont touché 

le corps de Notre-Seigneur. Pendant cette ablution, le 

6

11

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par saint Epiphane en 374. Sept ans plus tard, le texte de saint Epiphane fut 

confirmé par l’autorité du concile de Constantinople, d’où son nom de symbole 

de Nicée-Constantinople. Son insertion dans la liturgie se fit progressivement 

à partir du VI

e

siècle. Il ne fut incorporé dans la liturgie romaine qu’au début 

du XI

e

siècle. Le Credo est lu ou récité aux messes du dimanche, aux messes des 

apôtres et des évangélistes, et à certaines fêtes solennelles.

V – L’offertoire

« Offertoire » est un terme de rubrique : il désigne l’ensemble des rites et 

des textes qui, dans la messe des fidèles, précèdent la réalisation du sacrifice ou 

consécration. C’est un moment de la messe.

Après avoir dit l’antienne de l’offertoire (qui est aussi chantée par la schola 

aux messes chantées), le célébrant place le calice hors du corporal, du côté de 

l’épître, et prenant la patène avec l’hostie, l’élève à hauteur de la poitrine et dit 

à voix basse une prière destinée à rappeler et à fixer les intentions générales du 

sacrifice. « Recevez, ô Père saint… »

Le célébrant prend ensuite le calice avec le purificatoire (petit linge qui sert 

à essuyer le calice et la patène) et se rend du côté de l’épître. Il verse le vin dans 

le calice. Puis bénit d’un signe de croix la burette d’eau, en récitant une prière 

et verse quelques gouttes d’eau dans le vin du calice à ces mots : « par le mélange 

mystérieux de cette eau et de ce vin ». Le terme « mystérieux » indique le carac-

tère surnaturel de cette cérémonie qui signifie mystiquement l’union des fidèles 

avec Jésus-Christ par la grâce et l’Eucharistie ; union qu’il nous a méritée et réa-

lisée par l’effusion de son sang. « L’eau représente le peuple, et le vin le sang du 

Sauveur… » St Cyprien. Ensuite le mélange de l’eau et du vin commémore le fait 

que l’eau a jaillit conjointement avec le sang du côté du Christ, eau qui annonce 

d’après St Augustin la grâce et le baptême. La troisième raison, tirée de l’usage 

liturgique, est de signifier le mystère de l’Incarnation, ce qui est la destination 

première de la prière Deus qui humanæ substantiæ : l’union de la nature divine (le 

vin, élément noble) à la nature humaine (l’eau, élément ordinaire).

Le signe de croix que fait le célébrant sur l’eau avant de la verser, tombe sur 

nous-mêmes qui sommes symbolisés par l’eau. Le vin représente Jésus-Christ, 

qui n’a besoin d’aucune bénédiction et qui, par son union avec son peuple, ne 

reçoit aucun bien : on ne le bénit donc pas.

Debout au milieu de l’autel, le prêtre élève le calice en récitant la prière Nous 

vous offrons, Seigneur… Comme la prière pour l’offrande du pain, elle anticipe sur 

l’acte complet de la consécration.

Le célébrant, les mains appuyées sur l’autel, s’incline et récite la prière In spi�

ritu humilitatis… Après l’oblation anticipée de la victime, les chrétiens doivent 

s’offrir en union avec elle. La prière se réfère au livre de Daniel (3, 39-40)

Le célébrant invoque l’Esprit-Saint par la prière Veni, Sanctificator

manière qu’il contient réellement, vraiment et substantiellement le corps, le 

sang, l’âme et la divinité de Jésus-Christ sous les espèces — apparences — du 

pain et du vin pour être notre nourriture spirituelle. Il faut affirmer que c’est le 

même Jésus-Christ qui est aujourd’hui dans le ciel et qui est né de la très Sainte 

Vierge sur la terre qui est présent dans le sacrement de l’Eucharistie par la puis-

sance de ce miraculeux changement, que l’Église appelle transsubstantiation. 

Cette transformation est effectuée par Notre Seigneur Jésus-Christ lui-même à 

travers son instrument qui est le prêtre. Seul le prêtre validement ordonné peut 

donc accomplir le Sacrifice de la messe et nous donner la sainte Eucharistie.

Pour une explication complète des prières du Canon, nous conseillons vi-

vement la lecture du livre de l’abbé Joly La messe expliquée aux fidèles, éditions 

Clovis. B.P. 88 -  91152 ETAMPES 

cedex

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Tél.: 0169783050 - Fax: 0169783049

VIII – La Communion

La récitation du Pater après le Canon est très ancienne. Cette prière est 

une excellente préparation à la communion par les demandes qu’elle contient. 

Le Pater est suivi d’un « embolisme », qui est comme une paraphrase de la der-

nière demande de l’Oraison dominicale. A la conclusion de l’embolisme, le prê-

tre fractionne l’hostie au-dessus du calice et laisse tomber une parcelle dans le 

précieux Sang. De même que la séparation des espèces (la double consécration) 

signifie la séparation du Corps et du Sang de Notre-Seigneur et donc sa mort, la 

commixtion exprime sa Résurrection, le retour à la vie, l’information du corps 

par l’âme: le sang pour la Bible, comme pour Aristote, étant considéré comme 

le siège de l’âme.

Ensuite le prêtre récite l’Agnus Dei, qui est chanté par les fidèles aux messes 

chantées.

Le prêtre récite ensuite trois prières préparatoires à la communion. Dans ces 

prières, il prie pour lui-même, et non pas pour les fidèles.

Ayant achevé ces prières, le prêtre fait la génuflexion, puis prend les deux 

parties de l’hostie. Légèrement incliné, il répète trois fois l’invocation Domine, 

non sum dignus. Puis il se communie. Après avoir communié au corps du Christ, 

le célébrant génuflecte et découvre le calice. A l’aide de la patène il ramasse les 

parcelles qui pourraient se trouver sur le corporal et purifie la patène au-dessus 

du calice. Ensuite il communie au précieux sang.

La communion fait partie intégrante (non essentielle) de la messe. Elle n’est 

obligatoire que pour le prêtre, mais à ce point que si celui qui a consacré ne 

pouvait achever le sacrifice, il faudrait qu’un autre prêtre, même non à jeun, 

le consommât par la communion. Les prières que le prêtre récite à la commu-

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Il se rend ensuite du côté de l’épître pour se purifier 

les  mains,  en  récitant  un  fragment  du  psaume XXV. 

Ce geste a une raison mystique, il exprime la grande 

pureté qui doit être en l’âme du célébrant au moment 

de la consécration. Il ne se purifie que l’extrémité du 

pouce  et  de  l’index,  parce  que  ces  deux  doigts  seuls 

toucheront le corps de Notre Seigneur.

Revenu au milieu de l’autel, le célébrant s’incline et 

récite la prière Suscipe, sancta Trinitas…, qui énonce tous 

les éléments de l’oblation: le sujet à qui elle s’adresse, 

la nature du sacrifice divin, la part que doit y prendre le Ciel, et les secours que 

peut en recevoir l’Eglise d’ici-bas.

Le célébrant se tourne vers les fidèles et leur adresse l’invitation Orate, fra�

tres… Le motif principal de cette invitation est de parfaire notre sacrifice et de 

nous rappeler une fois de plus que si l’oblation du Christ est d’avance agréée, le 

sacrifice, en tant qu’il est nôtre, est plus ou moins acceptable et fructueux, selon 

que nos dispositions sont plus ou moins parfaites. Le prêtre se dispose à entrer 

dans le Saint des saints et prend pour ainsi dire, congé des fidèles vers lesquels 

il ne se tournera plus jusqu’à ce qu’il ait consommé le sacrifice.

La secrète est une oraison que le prêtre récite à voix basse, elle vient des 

anciens sacramentaires romains.

VI – La Préface

.

Le mot « Préface » désigne l’ensemble de l’introduction solennelle au Canon 

allant du Sursum corda au Sanctus. Autrefois, chaque messe, ou presque, avait 

sa préface propre, développant le thème de la messe. Actuellement, il ne reste 

que 15 préfaces, plus quelques autres concédées aux diocèses et aux ordres re-

ligieux.

A la fin de la Préface, le célébrant élève la voix pour le Sanctus. L’Eglise exalte 

la sainteté de la sainte Trinité. La première partie du Sanctus est inspirée d’Isaïe 

(6, 3), la vision par le prophète du Seigneur environné de séraphins qui chan-

tent: Sanctus…

VII – Le canon

Le mot « canon » signifie règle. Dans la messe, on l’entend de la partie de 

l’ordinaire qui suit le Sanctus jusqu’à l’Amen qui précède le Pa

ter.  Le  texte 

du Canon se trouve dans sa forme définitive dans des documents remontant 

au moins au VII

e

siècle. Auparavant, si le mot à mot n’était pas conforme au 

texte actuel, il lui était cependant substantiellement identique: en particulier, la 

partie centrale depuis Quam oblationem jusqu’au Memento des morts est attestée 

dès  le  IV

e

siècle.  L’ensemble  est  donc  de  tradition  apostolique  et  universelle. 

« L’Eglise a institué, il y a bien des siècles, le Canon, qui […] se compose des

paroles mêmes de Notre-Seigneur Jésus-Christ, des traditions des apôtres et

des institutions pieuses des saints pontifes » (Concile de Trente, session XXII,

chapitre IV).

Le Canon constitue une action qui appartient non aux fidèles, mais au minis-

tre du sacerdoce, seul médiateur officiel entre Dieu et les hommes. Sans doute, 

par le caractère sacramentel du baptême, le fidèle participe réellement au sa-

cerdoce du Christ, mais il n’a reçu aucun pouvoir sur le corps sacramentel de

Notre-Seigneur : le prêtre seul entre donc là où les fidèles s’arrêtent respectueu-

sement, et pendant toute la durée du Canon le prêtre n’entrera pas en commu-

nication avec l’assistance, comme dans les autres parties de la messe. Le Canon

étant invariable, le fidèle sait toujours ce que le célébrant dit, ce qu’il fait, en 

suivant dans son missel. Au besoin, un coup de clochette, un mot dit plus haut

l’avertisse. A la messe d’ordination uniquement, les prières du Canon sont pro-

noncées à voix haute par l’évêque et les nouveaux prêtres qui en cette occasion

unique concélèbrent avec l’évêque.

La consécration

Au moment le plus solennel du Canon, le prêtre, quittant le ton narratif —

que l’on emploie pour raconter une histoire, pour rappeler un souvenir — prend

le ton intimatif car il va accomplir une action véritable

en prononçant les paroles de la consécration. Tenant

la sainte Hostie entre ses mains, il se penche par ré-

vérence, il prend appui sur l’autel, qui est le Christ,

et prononce distinctement la formule qui transforme

le pain au Corps de Jésus-Christ par la puissance de

l’Esprit-Saint. Puis, s’agenouillant, il adore le Christ

présent sur l’autel et l’élève aux yeux des fidèles afin 

de leur permettre à leur tour de l’adorer, et l’adore une

nouvelle fois avant de le reposer sur le corporal. De 

même, il prend le calice préparé, et avec les mêmes

gestes consacre le vin au Sang de Notre Seigneur Jésus-Christ. C’est de cette

manière que le sacrifice de la messe — qui est un vrai sacrifice — est accompli 

sur notre autel, réactualisant le Sacrifice de la croix. Il subsiste cependant une 

différence, c’est que sur la croix Notre Seigneur s’est offert en répandant son 

Sang et en méritant pour nous, tandis que sur l’autel, il se sacrifie sans effusion 

de sang et nous applique les fruits de sa Passion et de sa mort.

Au même moment où s’accomplit le Sacrifice, est confectionné — pour utili-

ser le terme théologique — le sacrement de l’Eucharistie. Ce sacrement, le plus

auguste de tous, consiste dans l’admirable changement de toute la substance du

pain au Corps de Jésus-Christ et de celle du vin en son Sang précieux, de telle